23 août 2010

Question écrite sur l’interdiction de cumuler l’aide au logement et la demi-part fiscale

Mme Sylvia PINEL alerte M. le ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État sur les conséquences liées à la suppression de la possibilité offerte aux étudiants et à leurs familles de cumuler une aide au logement (APL, ALS) et une demi-part fiscale pour enfant à charge.

Alors qu’elle concerne plus de 700 000 jeunes, l’interdiction de cumul aura pour conséquence une dégradation sans précédent des conditions d’existence des étudiants, et notamment des non boursiers pour lesquels l’aide au logement est bien souvent la seule aide financière perçue.

Malgré une précarité sociale et des problèmes de logement déjà existants, la décision de réduire massivement les dépenses d’aide sociale en faveur des étudiants encourt une augmentation non négligeable des abandons d’études. Une mesure aussi inique qu’inefficace quand on sait que l’éducation et la formation des jeunes doivent être une priorité absolue au service de l’emploi.

C’est pourquoi, elle lui demande de renoncer sans délai à cette mesure.

13 juillet 2010

Dissimulation du visage dans l’espace public : l’Assemblée nationale lève le voile

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Cet après midi, après des mois de travail, d’auditions et de débats passionnés, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

A l’issue du vote solennel, Sylvia PINEL saluait l’adoption d’un texte de loi fondé avant tout sur l’idée républicaine de citoyenneté, c’est-à-dire sur les valeurs humanistes de dignité, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Si l’interdiction générale et uniforme de toute dissimulation du visage dans l’espace public repose principalement sur l’exigence constitutionnelle d’ordre public, elle n’exclut pas pour autant le respect de valeurs essentielles au « vivre ensemble » telles que la dignité de la personne humaine, la garantie d’une égalité réelle entre les hommes et les femmes ou le principe de laïcité, garant d’une nécessaire neutralité dans l’espace public .

Une position sans demi-mesure que le Député Sylvia PINEL avait d’ailleurs défendue en mai dernier lors du débat sur la proposition de résolution destinée à rappeler la nécessité de respecter les valeurs républicaines face au développement de pratiques y portant atteinte.

Pour les Radicaux de Gauche, qui portent en eux l’héritage républicain, laïc et humaniste, le port de tenues visant à dissimuler le visage dans l’espace public ne saurait être admis. La République doit se concevoir et se vivre à visage découvert.

6 juillet 2010

Projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public

Classé dans : Actualités, Les Femmes, _Divers_

Au nom des Députés Radicaux de Gauche, Mme Chantal ROBIN-RODRIGO, Député des Hautes-Pyrénées et membre de la mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, est intervenue lors de la discussion sur le Projet de loi interdissant la dissimulation du visage dans l’espace public :

Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Chers collègues,

Fondateurs de la République, les Radicaux de Gauche continuent à voir en elle le moyen de faire vivre nos valeurs humanistes de dignité, d’égalité, de fraternité, et de laïcité. Ce sont ces valeurs qui orientent la vie en société, garantissent la liberté des consciences, la neutralité de l’Etat, le refus du dogme et du comportement sectaire et qui permettent aussi le droit à la différence.

Pour eux, la République se conçoit à visage découvert. Le port de tenues visant à dissimuler son visage dans l’espace public ne saurait donc être admis. Cette pratique d’un autre temps lui est même étrangère tant elle porte en elle la négation de notre désir de vivre-ensemble, et de nos principes démocratiques.

Oui, la représentation nationale doit par la loi adresser un message fort à ceux qui seraient tentés de saper nos valeurs républicaines. La loi est la meilleure arme pour protéger et notre société contre ces dérives et les femmes qui subissent cette oppression.

Prison ambulante, signe de soumission de la femme, « isoloir social », pratique étrangère à l’islam, le port du voile intégral apparait aux yeux de nos concitoyens étranger à notre société car porteur en lui de violence, d’inégalité, d’incivilité.

J’y vois pour ma part un acte de prosélytisme, une manière d’affirmer aux autres que je ne me reconnais pas dans la loi commune, une manière ostentatoire d’afficher son rejet de la République.

Cette pratique - même minoritaire - pose des questions fondamentales, sur la place des femmes dans nos sociétés car elle sape tout simplement nos acquis, pire les bafouent.

Les nombreuses auditions réalisées par la mission d’information nous ont montré que le port du voile intégral ne résulte pas d’une pratique religieuse - comme l’a reconnu le Président du Conseil français du culte musulman. En réalité, il s’agit d’une pratique imposée arbitrairement par certains régimes fondamentalistes ou radicaux qui propagent leur vision du monde intolérante et inégalitaire.

Le constat est donc unanime et fait l’objet d’un consensus : la pratique du voile intégral apparait comme un rejet des valeurs de la République. Quand bien même, le phénomène serait marginal, il croît de manière inquiétante un peu partout en Europe. Il appelle par conséquent une réponse politique ferme.

S’il semble dès lors difficile d’empêcher cette pratique de se développer, alors interdisons-la ! En ce domaine, seul le Parlement élu par la Nation pour la représenter, dispose de la légitimité nécessaire pour réglementer l’exercice d’une liberté publique.

N’oublions pas que la loi a aussi pour fonction de protéger. Même si nous avons encore beaucoup de progrès à faire en matière d’égalité, - c’est grâce à la loi que les femmes ont accédé à l’instruction,

- c’est grâce à la loi qu’elles se sont émancipées de leur mari,

- c’est grâce à la loi qu’elles disposent librement de leur corps,

- c’est grâce à la loi que l’égalité professionnelle a été mise en œuvre,

- c’est grâce à la loi que la parité en politique a été possible, etc., etc….

Le préambule de notre Constitution en consacrant l’égalité des hommes et des femmes, nous met sur un même pied d’égalité quelque soit notre origine, notre religion, nos opinions. Mêmes droits, mêmes devoirs !

Dans ces conditions, le port du voile intégral me paraît largement incompatible avec l’exercice effectif de droits égaux par les deux sexes.

Et puis face aux pressions de groupes extrémistes, la loi n’est-elle pas la meilleure arme pour protéger notre société et ces femmes ? Ne faut-il pas interdire des pratiques qui mettent à mal l’expression même de la liberté et de l’intégrité ? Je le crois fermement.

En adoptant une interdiction générale et uniforme, nous adressons aussi un signe encourageant à celles qui se battent au quotidien pour faire reconnaitre leur droit et qui dénoncent et combattent toutes les formes de violences et de discriminations faites aux femmes.

Maintenant, la question est de savoir sous quel angle juridique aborder cette interdiction. Est-elle possible au regard de la Constitution et de la Convention européenne des droits de l’homme et  - dès lors -  comment sanctionner la violation de cette interdiction ?

Premier point, le projet de loi s’appuie sur nos valeurs républicaines et en rappelle la force : l’ordre public, le respect de la dignité de la personne, et enfin l’égalité entre les hommes et les femmes.

Le Gouvernement a pris le parti de s’appuyer sur la notion d’ordre public “immatériel” défini par le Conseil d’Etat comme, je cite  “un socle commun minimal d’exigences réciproques et de garanties essentielles de la vie en société, qui sont à ce point fondamentales qu’elles conditionnent l’exercice des autres libertés et qu’elles imposent d’écarter, si nécessaires, les effets de certains actes guidés par la volonté individuelle. ».  La résolution que nous avons adoptée le mois dernier faisait d’ailleurs abondamment référence à cet ordre public sociétal.

Il aurait pu aussi se fonder sur une norme constitutionnelle exprimant la même idée : la notion de “fraternité”.

Celle-ci constitue le troisième terme de la devise de la République “Liberté, égalité, fraternité”, expressément rappelée à l’article 2 de la Constitution. En ces temps d’individualismes, il est bon de rappeler que la fraternité est le lien nécessaire qui unit et cimente les rapports entre citoyens d’une nation.

Pour exister, elle implique que la République se vive à visage découvert. Or, le port du voile intégral piétine ce principe. Elisabeth Badinter le rappelait lors de son audition : « porter le voile intégral, c’est refuser absolument tout contact avec autrui, c’est refuser la réciprocité ».

Il apparait clairement que la voie du dialogue et de l’application de la législation existante ne permet pas d’apporter la réponse républicaine nécessaire au défi qui nous est posé par ce débat. Aussi, les députés Radicaux de gauche se déclarent favorables à l’adoption d’une loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public et la voteront.

 

 

Loi de modernisation de l’Agriculture : “un texte globalement décevant”

L’Assemblée nationale s’est prononcée mardi 6 juillet sur le projet de loi de modernisation de l’agriculture, un texte nourri par l’ambition gouvernementale de renouveler « le pacte de confiance qui lie la nation à ses agriculteurs ».

Après l’échec du Plan de soutien exceptionnel à l’agriculture en réponse au marasme agricole, cette loi signe un vrai rendez-vous manqué ;  le Gouvernement étant une fois de plus resté sourd aux inquiétudes et attentes du monde agricole.

A l’issue du vote solennel, Sylvia PINEL, Député de Tarn-et-Garonne, département où l’agriculture représente un pilier majeur de l’économie locale, s’estimait globalement déçue par les apports de ce texte.

Les quelques timides avancées - notamment concernant la politique publique de l’alimentation, ou en matière de régulation franco-française - ne peuvent faire oublier les nombreuses carences et insuffisances dont souffre cruellement ce texte. 

De toute évidence -et je le déplore-  la loi de modernisation de l’agriculture n’aborde pas assez en profondeur le véritable problème qui est celui des revenus agricoles dans notre pays.

Dans une économie mondialisée et dérégulée, l’agriculture est un secteur où, plus que les autres, il est indispensable d’encadrer les marchés afin de garantir à chaque agriculteur un revenu décent. Sur ce point, force est de constater malheureusement que la LMA n’apporte en rien les garanties attendues pour permettre aux producteurs d’obtenir des prix rémunérateurs 

La question des prix d’achat et des marges est loin d’être résolue, tout comme reste en suspens la gestion de l’offre et la nécessaire régulation des marchés agricoles.

De même, en matière de contractualisation des prix, l’absence de moyens inscrits dans le texte de loi rendra difficile une application effective. Pour ce qui est de la politique d’installation menée en faveur des jeunes, les mesures retenues ne vont pas assez loin. 

En tant qu’auteur d’une proposition de loi tendant à rendre obligatoire l’assurance récolte, Sylvia Pinel reste également perplexe en ce qui concerne le réalisme du système assurantiel.

Par ailleurs - et c’est fort regrettable - le débat sur la LMA n’aura pas permis d’obtenir des réponses concrètes quant aux grandes orientations qui seront retenues par la France lors des prochaines négociations de la PAC prévues en 2013. 

Autant de raisons et de points majeurs en suspens qui ont motivé hier le votre contre de Sylvia PINEL, plus que jamais avide de « véritables perspectives d’avenir pour notre agriculture, nos producteurs et nos territoires ». 

30 juin 2010

Projet de loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche

Au nom des Députés Radicaux de Gauche, Gérard CHARASSE, Député de l’Allier et Président du Groupe des Députés Radicaux de Gauche à l’Assemblée nationale est intervenu lors de la discussion en séance sur le Projet de loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche :

Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, ce texte est important à trois titres :

D’abord, il traite d’un sujet fondamental pour la France continentale et l’outre-mer avec ses spécificités, celui de son agriculture et, disons-le, du maintien ou non d’un outil de production et de transformation national ;

Ensuite, il intervient dans un contexte perturbé, celui d’une double crise, celle globale qui touche tous les pans de l’économie et celle plus spécifique qui s’est abattue sur les productions agricoles, dont les fruits et légumes, sur l’élevage, avec une chute historique en 2009 des revenus des producteurs de 34 % à 50 % dans certaines productions ;

Enfin, ce texte a, et ce n’est pas rare certes, un impact immédiat sur toute la population, sur les producteurs, notamment les plus petits, mais aussi sur chacun d’entre nous qui, comme acteur du geste de consommation, acteur politique de ce geste, peut être assurément touché, influencé, conduit vers de nouveaux comportements.

Ce texte est à ce point important pour l’ensemble des députés radicaux de gauche et apparentés du groupe SRC que nous avons déposé une soixantaine d’amendements sur des sujets divers mais qui, au total, disent notre attachement à l’agriculture, à la forêt et à la pêche.

Les amendements expriment naturellement notre point de vue et, dans le temps qui m’est imparti, je vais me limiter à deux questions d’ordre général.

La première, monsieur le ministre, est celle du rôle central de l’agriculture dans notre pays. Je voudrais dire à celles et à ceux qui, à cet égard, parlent d’un « folklore français » - j’ai entendu l’expression avec peine - au sujet de notre agriculture, de ne pas méconnaître le lien direct qui existe entre notre outil de production et notre sécurité alimentaire, sécurité des approvisionnements et sécurité des denrées alimentaires. Car il y a là un lien direct. Certes, nous avons un excédent commercial agroalimentaire de 9 milliards d’euros aujourd’hui, mais, rappelons-le, le rationnement était de mise il y a cinquante ans. (Lire la suite…)

22 juin 2010

Intervention sur le tracé de la Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse

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Sylvia PINEL a interrogé ce matin M. Dominique BUSSEREAU sur le tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse lors de la séance de questions orales sans débat :

Monsieur le Président, 

Monsieur le Ministre,

Ma question concerne le tracé de la ligne à grande vitesse Bordeaux - Toulouse, une réalisation ô combien déterminante pour le rayonnement de la région Midi-Pyrénées.
 
Comme vous le savez, au terme du délai supplémentaire obtenu par les élus afin de pallier à l’insuffisance des études et de la concertation menées dans le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne, le Comité piloté par l’Etat, RFF, les conseils régionaux d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées a validé, le 31 mai 2010 un fuseau unique de 1000 mètres.
 
Telle que préconisée par le maître d’ouvrage, c’est la variante « D » du fuseau qui, sans surprise, a été retenue avant d’être soumise à votre approbation.
 
La période qui s’ouvre - phase décisive - devra permettre d’affiner le meilleur tracé possible sur une bande de 500 mètres.
 
Pour autant, il serait illusoire de penser pouvoir dégager un « bon tracé » dans la mesure où la réalisation d’une telle infrastructure ne sera pas sans conséquence pour nos territoires.
 
Sur ma circonscription, traversée de part en part, les inquiétudes et les contestations exprimées tant par les élus que par la population sont en effet nombreuses et visent essentiellement à éviter les zones habitées, y compris les hameaux, à limiter au maximum les nuisances sonores, visuelles et paysagères et à anticiper l’impact sur l’économie locale, notamment les activités agricoles et viticoles.
 
Trop longtemps absent du terrain, RFF se doit à présent d’engager une vraie concertation afin de nous éclairer sur les multiples « zones d’ombre » qui demeurent. Des réponses claires - précises - doivent être apportées notamment sur la question des mesures compensatoires et des indemnisations.
 
En Tarn-et-Garonne, l’ensemble des secteurs sensibles du fuseau devra être traité en priorité et avec la plus grande attention - je pense en particulier au secteur d’Auvillar, au quartier de Bénis à Castelsarrasin, aux communes de Montbeton, Lacourt-Saint-Pierre, Bressols ou encore à la traversée de Pompignan ; des secteurs pour lesquels aucune garantie sérieuse n’a pu être  apportée jusque-là par RFF.
 
Alors, Monsieur le Ministre, compte tenu des enjeux humains soulevés ici, pouvez-vous enfin garantir la mise en œuvre d’un accompagnement suivi, transparent et personnalisé pour chacune des communes impactées par la LGV ?
 
Pouvez-vous enfin porter à notre connaissance les éléments techniques précis quant aux solutions qui sont envisagées pour limiter les nuisances sur les territoires les plus touchés en Tarn-et-Garonne ?

Réponse de M. Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports :

Le comité de pilotage, comme vous l’avez indiqué, associe l’État, RFF, les deux conseils régionaux de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine. Lors de sa dernière réunion le 31 mai 2010, il a décidé de nous soumettre à Jean-Louis Borloo et à moi-même un fuseau de 1 000 mètres. Nous nous situons donc à la phase importante où il nous faudra être particulièrement attentifs aux impacts du projet. J’ai pu constater dans la presse l’émoi que soulevait ce projet. J’ai reçu le maire de Pompignan, qui est venu me présenter le cas de sa commune. Nous verrons bien si le Gouvernement suivra les recommandations du comité ou s’il changera quelques points.

Pour le nouveau fuseau de 500 mètres, il sera encore plus important de bien définir les modalités d’insertion. Il y aura à cette occasion un processus d’allers et retours, de concertations avec les habitants, les associations, les riverains et les élus, dans le cadre de commissions consultatives.

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12 juin 2010

Sylvia Pinel, invitée de l’émission La Voix est libre sur France 3

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